Le jazz et les femmes

Le jazz et les femmes ! j’adore le jazz et je suis féministe. Dans cet article, je vous parle de ces 2 domaines qui me tiennent à coeur.

Tout d’abord un peu d’étymologie

Au-delà de la difficulté à définir précisément la musique qu’il désigne, l’origine du mot jazz est sujet à controverses. Les hypothèses avancées quant aux origines de ce nom sont multiples et aucune ne semble faire l’unanimité. Le mot jazz pourrait être dérivé :

  • du terme français jaser (discuter, palabrer) ;
  • de nom de musiciens (comme Chaz Washington) ;
  • du jasmin que l’industrie cosmétique française avait utilisé dans ses parfums, qui étaient vendus à La Nouvelle-Orléans (une théorie de Garvin Bushell) ;
  • d’une déformation du chassé ou chasse-beau, figure du cakewalk (danse du gâteau, à la mode au xixe siècle) ;
  • de racines africaines comme le mot bantou jaja  qui signifie « danser », « jouer de la musique », ou comme le terme africain jasi  qui signifie « être excité », « vivre à un rythme rapide, sous pression » ;
  • ou de certaines tribus indonésiennes qui appelaient « jaze baqti » une musique rythmée ;
  • de l’argot  (jizz) qui indiquent l’énergie ou la force avec une connotation sexuelle marquée ;
  • ou encore des prostituées de la Nouvelle-Orléans qui sont appelées « jazz-belles » en argot cajun, en référence à la Jézabel biblique. Le nom « jazzman » viendrait d’ailleurs du surnom donné à ceux qui fréquentaient ces jolies demoiselles qui avaient l’habitude de se parfumer au jasmin, dont ils exhalaient l’odeur après leurs ébats.

Jean Couturier défend cette thèse de la définition liée au sexe, et traduit le mot jazz par l’acte copulatoire le plus primaire, bestial. Et il lie cette musique à l’origine censée provenir des bouges de la Nouvelle-Orléans au plaisir, instinctif, dangereux. Et cette origine crapuleuse se perpétue plus tard avec le sponsoring actif de la mafia car c’est elle qui paie les grands orchestres pour qu’ils se produisent dans leurs bars.

Ainsi, cette forte connotation sexuelle et ce lien étrange avec les milieux mafieux semblent facilement expliquer pourquoi on trouve peu de femmes dans le jazz surtout en tant qu’instrumentistes. Bein oui, les femmes ne peuvent pas jouer d’un instrument car elles ne sont pas capables. On peut juste leur pardonner de chanter. Elles sont le petit bonbon sucré, la jolie chose à regarder.

Non non non ! N’allons pas si vite !

Maintenant, faisons un peu d’histoire

Si on prend les tous débuts, les femmes sont bel et bien là. Elles sont tellement là qu’elles sont inévitables, incontournables ! Dès le début des années 20, apparait la vogue du Blues, des milliers de disques se vendent et il n’y a que des femmes sur le marché. 98% des chanteurs de blues sont des femmes.

Alors oui, je parle de blues alors que cet article parle des femmes dans le jazz ! Oui car ils sont intimement liés. D’abord, les orchestres jouaient à la fois du blues et du jazz durant toutes leurs représentations. Et cela a perduré pendant un quarantaine d’années.

Ces femmes sont le produit de cette société américaine où la famille noire a déjà explosée, contrairement aux familles blanches. Dans leurs chansons, les femmes racontent que les hommes sont des bons à rien, des maquereaux, des loques, des alcoolos. Les femmes doivent travailler pour les entretenir. Et toutes ces chanteuses se lâchent et n’hésitent pas à déballer tout cela en le mettant en scène à travers leurs chansons. Elles ont un public énorme car les autres femmes se régalent évidemment. Bessie Smith est une femme violente qui se bat à coup de poing, de couteau ou de flingue. Elle est une habituée des postes de police. Et elle sort notamment Hateful Blues qui est un véritable chant de haine et elle s’en prend directement aux hommes en les menaçant de coups de couteau.

Bessie Smith

Ces femmes étaient indécrotablement indépendantes, la liberté chevillée au corps. Elles vivaient leur vie sentimentale et familiale de façon totalement débridée, hors norme. Et elles le chantaient !

Et l’école de ces chanteuses, c’est l’église baptiste et les chorales. Cette façon de moduler leur voix est entrée dans la façon de jouer des instruments. L’important aux origines du jazz et du blues, Le matériel de base était la chanson, donc le texte. En somme, la fonction de la voix majoritairement féminine à l’époque, c’est d’être l’étalon. Les instruments vont donc progressivement sortir de leur peau et imiter la voix humaine. Les grands solistes s’imprègnent du texte et donnent leur interprétation de ces paroles, de ces histoires.

L’humiliation et la marginalisation des femmes étaient constantes dans ce milieu, et ce traitement est lié à la place de la femme dans la société américaine.

Par exemple : Billie Holiday fait une tournée avec des musiciens blancs. Fait assez exceptionnel en soit. Cette tournée résumée en un mot : L’enfer ! Huées avant ses concerts, pas le droit de rentrer dans les restaurants, doit manger en cuisine, doit prendre les entrées de service des hôtels dans lesquels elle loge, pendant que ces musiciens sont eux reçus partout.

Billie Holiday

Autre exemple : Bessie Smith chante dans un des fiefs du KKK. En plein concert, des types se pointent avec tout leur attirail et veulent mettre tout le monde dehors. Réaction non prévue par ces braves encapuchonnés, Bessie descend de scène et commence à donner des raclées à quelques-uns de ces pauvres types qui n’ont qu’une solution : s’enfuirent en retroussant leur robe.

Encore une petite anecdote sur Bessie Smith. Elle se fabriquait son alcool (prohibition oblige) et elle se prenait des cuites extraordinaires dont une qui la conduite à faire un concert en pleine rue coincée dans une poubelle dans laquelle elle était tombe le cul en premier et dont elle ne savait plus sortir. Pendant ce temps, son orchestre attendait dans la salle de spectacle.

Devinez comment ces femmes percevaient leur salaire ? Vous ne trouverez pas tellement c’est hallucinant ! Les spectateurs jetaient des pièces ou des billets par terre ou sur les table et elles étaient obligées de ramasser cet argent en s’agenouillant, se couchant, se tortillant ! Billie Holiday s’est insurgée par rapport à cette façon de faire et la faite cessée. Ce fut un premier pas vers moins de mépris.

Ces femmes sont des personnages incroyables : elles se battent et pas seulement en chansons, elles boivent, ont une sexualité débridée. Elles les font toutes et tout aussi bien que les hommes !

Alors, vous allez me dire que cela vient du milieu noir extrêmement précaire de l’époque. Oui c’est certainement une raison. Etre femme noire et s’embarquer dans le jazz, c’est une réelle galère. Mais encore pire pour les blanches car vu qu’elles ne sont pas noires on ne leur reconnait même pas le droit de chanter. Billie Holiday et son teint clair a dû pour un de ses concerts mettre du fond de teint pour paraître plus noire, sinon impossible pour elle de chanter !

Et malgré tout cela, il y a des femmes blanches qui décident de se perdre dans ce milieu comme Peggy Lee. Cette si jolie et élégante Peggy qui fut huée lorsqu’elle chanta à Paris car jugée trop bien habillée trop jolie trop blanche par le public français pourtant réputé ouvert.

Peggy Lee

Et puis il y eu l’aire des grandes dames, des divas. Celles-là essayez donc de les traiter comme un simple ornement ou de les appeler sucre d’orge. Ne citons en qu’une seule : Ella Fitzgerald.

Ella Fitzgerald fait trembler les organisateurs de ses concerts. Certains sont prêts à éponger eux-mêmes la scène lorsque le concert est en plein air et que la pluie a décidé de s’en mêler. Elle sait que c’est pour elle que les gens se déplacent, Et c’est elle LA star ! Mais son amour du chant et surtout de son public l’a toujours emporté sur un éventuel caprice. Pour exemple, ce concert à Juan-les-Pins où une cigale a décidé de s’inviter au concert. Cachée on ne sait où mais parfaitement pour que son chant soit entendu par tout le public, la cigale chante et ne s’arrête pas. L’organisateur transpire, demande à ce que l’on trouve cette impolie … et pendant ce temps Dame Ella entame un dialogue inattendu avec l’autre reine du lieu madame la cigale.

Ella Fitzgerald

Il y a aussi Sarah Vaughan qui fut unanimement considérée comme une grande musicienne, et j’emploie bien le mot « musicienne », et non celui de « chanteuse », par tous ses collègues. Voici ce que Gillespie dit à propos de Sarah : « Elle conduit comme n’importe quel mec de l’orchestre … comme un musicien quoi, et croyez-moi, c’est une vraie musicienne. Elle joue du piano, connait les harmonies à fond et nous accompagne merveilleusement bien. Sarah pour nous, c’est un peu le moussaillon qui utilise le même langage que nous ».

Sarah Vaughan

Il y a aussi Dinah Washington, Etta James …

Etta James
Dinah Washington

Et la nouvelle génération ??? parce que la belle époque des grands orchestres de jazz est passée. Comment ces femmes seules vont-elles faire ???? Car sans orchestre, sans hommes pour les encadrées, elles vont être livrées à elles-mêmes, les pauvres !

Et pourtant !!! je ne vais épingler que quelques noms qui démontrent bien que les divas sont toujours dans la place : Shirley Horn, Diane Reeves, Abbey Lincoln, Dee Dee Bridgewater …

Shirley Horn
Diane Reeves
Abbey Lincoln
Dee Dee Bridgewater

Enfin, parmi les plus jeunes, Diana Krall, Norah Jones, China Moses, Caro Emerald …

Diana Krall
Norah Jones
China Moses
Caro Emerald

Manifestement, elles ont réussi à s’assumer les fifilles !

Pour conclure, ces jazzwomen se sont imposées malgré tout, parce que la musique est leur nature profonde et que lorsque l’on est fait et faite pour quelque chose, rien ne peut nous arrêter.

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