Harriet Tubman, une vraie héroïne

Bonjour mes Soleils !

J’avoue que je ne connaissais pas Harriet Tubman avant d’avoir vu le film Harriet réalisé par Kasi Lemmons. C’est la fabuleuse Cynthia Eviro qui interprête le rôle principal d’Harriet Tubman.

La claque que j’ai reçue ! Quelle femme ! Quelle détermination ! Quel courage ! Quelle intelligence ! je pourrais continuer encore longtemps comme cela. Mais il vaut mieux que je sois un peu plus ordonnée dans mon récit car sa vie mérite le respect.

Portait d’Harrier Tubman

Sa famille

Harriet Tubman, née entre 1820 et 1825 (date précise inconnue). Elle nait esclave, donc sa date de naissance n’avait aucune importance. Par contre, si vous avez une vision champêtre et buccolique de l’esclavage aux Etats-Unis, tout droit tirée d’ « Autant en Emporte le Vent », apprêtez-vous à déchanter.

Ses parents sont esclaves pour la famille Brodess. Sa mère Rit était cuisinière et son père Ben supervisait le travail du bois sur la plantation. Ils eurent ensemble neuf enfants. Edward Brodess vendit trois des sœurs d’Harriet, les séparant du reste de leur famille pour toujours. C’était très courant en ces temps, après tout un esclavage était considérer comme du bétail.

Un jour, un commerçant voulut acheter le plus jeune fils Tubman. Sa mère le cacha pendant un mois, aidée par d’autres esclaves et des Noirs libres de la communauté. Elle fit même face à son propriétaire quand celui-ci, accompagné du commerçant, vint saisir l’enfant. Elle menaça d’ouvrir la tête au premier homme qui franchirait le seuil de sa maison. Brodess recula et abandonna la vente. Harriet fut certainement marquée par cet épisode et compris qu’il était possible de résister.

Sa jeunesse

Quand Harriet eut 5 ou 6 ans, elle fut louée à « Miss Susan » . Elle devait veiller sur un bébé pendant son sommeil. Si le bébé avait le malheur de s’éveiller en pleurant, elle était fouettée. Donc, il arrivait régulièrement qu’Harriet soit battue plusieurs fois avant le petit déjeuner. En outre, d’autres raisons servirent à d’autres séances de maltraitances comme le « vol » d’un morceau de sucre. Harriet porta les cicatrices de ces sévices pour le reste de sa vie.

Son caractère fort et courageux ne tarda pas à se manifester. En effet, un jour, elle mordit le genou d’un homme blanc qui lui infligeait une correction. Il ne s’approcha plus d’elle après cela.

Il y eu d’autres maîtres, d’autres mauvais traitements. Par exemple, adolescente, elle fut envoyée dans une mercerie pour acheter des fournitures. Elle y trouva un contremaître furieux, à la poursuite d’un esclave qui avait quitté les champs sans permission. Il exigea qu’Harriet l’aide à retenir le jeune homme. Elle refusa. L’esclave étant sur le point de s’enfuir, le contremaître lui jeta un poids d’un kilo. Il manqua sa cible et le poids frappa violemment Harriet à la tête. D’après ses explications, elle expliqua qu’elle pensait que ses cheveux avaient dû amortir le choc et lui sauver la vie.

Harriet fut renvoyée chez son propriétaire. Evidemment, elle ne reçut aucun soin. Elle fut renvoyée dans les champs alors que le sang continuaient de couler sur son visage. L’homme qui la louait la renvoya à Brodess, qui essaya en vain de la vendre.

Peu après, elle commença à avoir des convulsions et à s’évanouir soudainement. Ces crises perdurèrent toute sa vie. Après son traumatisme crânien, elle commença à avoir des visions et des rêves qu’elle interprétait comme des signes divins. De sorte que cette perspective religieuse la guida tout au long de sa vie.

Son évasion

Harriet dut s’y reprendre à deux fois pour être définitivement libre.

La première fois, elle s’enfuit avec ses frères mais ils voulurent rebrousser chemin et Harriet du rentrer avec eux.

La seconde fois, elle s’évada seule. Elle fut assistée dans sa fuite par des sympathisants Quakers et d’autres membres du mouvement abolitionniste, Noirs comme Blancs. Ils avaient organisé un vaste réseau d’évasion connu sous le nom de Chemin de Fer clandestin (Underground Railroad en anglais).

Imaginez un dangereux périple de 145 kilomètres nécessitant de se déplacer de nuit, en évitant la surveillance des « chasseurs d’esclaves ».

Elle arrive enfin en Pennsylvanie. Voici ses propres mots : « Quand je découvris que j’avais franchi cette ligne, je regardai mes mains pour voir si j’étais la même personne. Il y avait une telle gloire sur tout. Le soleil est apparu comme l’or à travers les arbres et sur les champs, et je me sentais comme si j’étais au Paradis. »

Ses activités abolitionnistes

Être libre ne lui suffisait pas ! Harriet effectua de nombreux allers et retours au Maryland pour aider d’autres esclaves à s’échapper. Cela lui valut le surnom de « Moïse ». D’abord, sa carrière de conductrice de fugitifs commença par la libération de membres de sa famille.

Immédiatement après avoir atteint la ville de Philadelphie, elle pensa en effet à sa famille : « J’étais une étrangère dans un monde étrange […] Mon père, ma mère, mes frères et sœurs et amis étaient [au Maryland]. Mais j’étais libre, et ils devaient être libres eux aussi ». Cependant, en 1850, le Congrès américain adopta le Fugitive Slave Act. Il contraignit tous les États, même ceux qui avaient interdit l’esclavage, à collaborer à la capture des esclaves fugitifs et à infliger de lourdes peines aux complices d’évasion. En conséquence, la loi augmenta les risques pour les esclaves en fuite, dont beaucoup poussèrent jusqu’au Canada. De plus, l’expansion de Philadelphie attisait les tensions raciales.

En décembre, Harriet reçut une nouvelle l’alertant de la vente prochaine de sa nièce Kessiah et de ses deux enfants. Elle ne pouvait pas tolérer un nouveau traumatisme pour sa famille. Ainsi, elle retourna volontairement sur la terre de son asservissement.

Harriet Tubman réussit par la suite à ramener en sûreté ses quatre frères mais échoua à sauver sa sœur adorée, Rachel, ainsi que les deux enfants de celle-ci. Rachel mourut en 1859 avant qu’Harriet ne puisse la secourir.

Harriet conduisit également des esclaves vers le Canada qui était devenu le seul endroit sûr d’Amérique du Nord pour les esclaves en fuite. En décembre 1851, elle guida un groupe non identifié de onze fugitifs vers le nord.

Selon ses propres estimations, et celles de ses proches collaborateurs, en treize expéditions elle a personnellement guidé environ soixante-dix esclaves vers la liberté. Personne ne réussit à la capturer et, selon ses propres mots, « jamais ne perdit un passager ». Elle fournit aussi des instructions détaillées à beaucoup d’autres, qui voulaient s’échapper par eux-mêmes.

Son engagement dans la Guerre de Sécession

Quand la Guerre de Sécession débuta en 1861, Harriet Tubman plaça ses espoirs dans une victoire de l’Union. En effet, elle espérait que ce serait un pas décisif vers l’abolition de l’esclavage. C’est pour cela qu’elle rejoignit un groupe d’abolitionnistes et mis son savoir-faire et son expérience au service de l’Union.

En janvier 1863, Lincoln mit en œuvre la Proclamation d’émancipation qui déclarait libre tout esclave résidant sur le territoire de la Confédération sudiste. Harriet Tubman considéra cette décision comme une étape importante vers la liberté de tous les Noirs. De ce fait, elle renforça son engagement dans le conflit en prenant la tête d’un groupe d’espions qui opérait dans les environs de Port Royal.

En outre, Harriet fut la conseillère principale à l’organisation du raid des troupes de Montgomery contre une série de plantations. Elle participa activement à l’assaut et des centaines d’esclaves embarquèrent vers la liberté.

Ses méthodes

Il faut signaler que si Harriet ne fut jamais capturée et si elle ne perdit aucun fugitif, elle le doit à elle-même. Intelligence,astuce, audace, caractère impitoyable, et des plans très bien établis pour ses expéditions.

Elle était spécialiste des déguisements. Une fois, elle prit la précaution d’emporter deux poulets avec elle. Menacée d’être reconnue en tombant quasiment nez à nez avec son ancien maître, elle lâcha les poulets puis courut après eux pour les rattraper. Cela amusa le maître, qui ne réalisa jamais que cette maladroite était, en fait, Moïse la libératrice d’esclaves.

Sa vie après la Guerre de Sécession

Après la guerre, Harriet Tubman devint une militante pour les droits des Afros-Américains et des femmes. Elle travailla en particulier à promouvoir la cause du suffrage féminin. À une femme blanche qui lui demandait si elle croyait que les femmes devraient avoir le droit de vote, elle répondit qu’elle avait « assez souffert pour le croire ». Harriet assista d’abord aux réunions des organisations suffragistes, avant de s’engager. Ensuite, elle se rendit à New York, Boston et Washington pour participer à des conférences en faveur du droit de vote des femmes. Son argumentation visait à démontrer que les femmes méritaient par leurs actions d’accéder aux droits politiques. Elle illustrait son propos en décrivant sa propre action pendant et après la guerre de Sécession. De plus, elle mettait en avant le sacrifice des innombrables femmes qui avaient œuvré en faveur de la nation américaine.

Grâce à Sarah Bradford qui transcrivit ses récits, elle vit l’histoire de sa vie publiée en 1896 : Scènes de la vie d’Harriet Tubman.

Ce livre l’aida à vivre plus confortablement. En effet, elle n’obtint une pension pour son passé militaire que trente ans après les faits.

Finalement, à cause de son arthrite et de sa santé fragile, elle emménagea dans l’hospice pour Afro-Américains âgés et malades qu’elle avait elle-même contribué à fonder. Elle y mourut en 1913, après avoir raconté ses mémoires jusqu’au dernier jour. Elle reçut les honneurs militaires au cours de son enterrement, et une plaque à sa mémoire fut placée sur le tribunal du comté de Cayuga, à Auburn. De nos jours, la mémoire d’Harriet Tubman est honorée chaque 10 mars, jour de sa mort.

Son portrait devait figurer sur le billet de 20 dollars américains. Cela aurait fait d’elle la première personnalité noire ainsi distinguée. Donald Trump a reporté ce projet Ils ont plus urgent à faire, ont-ils argumenté. Des tweets peut-être ???

En conclusion, je lui voue une admiration totale !

J’ai été fort factuelle, trop factuelle peut-être mais avouez que la vie de cette femme est impressionnante. De ses toutes jeunes années jusqu’à sa mort, Harriet Tubman a accompli des actes d’un courage inouï !

Lorsque je suis confrontée à de telles personnes, je me sens très petite. Et la même question me taraude à chaque fois : « Et toi, si tu avais été à sa place, qu’aurais-tu fait ? ». J’aimerais pouvoir dire que j’aurais agi de la même façon mais je ne peux pas . En effet, ce serait bien malhonnête car nous ne pouvons savoir de quoi nous sommes capables que lorsque nous sommes confronté au pire.

Alors, oui j’espère du fond du coeur que je serai capable de faire preuve ne serait-ce que d’un centième du courage d’Harriet Tubman. Avoir le courage de me rebeller contre une condition qui ne me convient pas personnellement. Mais surtout, avoir la force et l’abnégation absolue de continuer le combat pour les autres.

Je ne vous connais que depuis peu Madame Tubman mais vous serez à jamais dans mon esprit et dans mon coeur.

Les hommages qui lui sont rendus

  • Un mémorial édifié dans le Maryland, le Harriet Tubman Underground Railroad National Monument.
  • Un astéroïde découvert en 2010 porte le nom de Tubman, d’après Harriet Tubman.
  • Elle est inscrite au National Women’s Hall of Fame.
  • Un trio de jazz s’appelle « Harriet Tubman ».
  • Underground Railroad est une composition du saxophoniste Jordan Philippe dédiée à Harriet Tubman.
  • Harriet Tubman ballad de Woody Guthrie sur l’album Long Ways To Travel : The Unreleased Folkways Masters, 1944-1949
  • Le peintre américain Jacob Lawrence consacra une série de peintures à propos de la vie d’Harriet Tubman entre 1938 et 1940, puis reprit ce thème en 1967 dans son livre pour enfants Harriet and the Promised Land (New York : Windmill Books, 1968. Traduction française : Harriet et la Terre promise, Paris : Ypsilon éditeur, 2017)

Si vous voulez en savoir plus sur cette femme remarquable

Bibliographie

  • (en) Sarah Bradford, Harriet Tubman : The Moses of Her People. New York : Corinth Books, 1961
  • (en) Sarah Bradford, Scenes in the Life of Harriet Tubman. Freeport : Books for Libraries Press, 1971
  • (en) Catherine Clinton, Harriet Tubman : the road to freedom, Little, Brown, 2004
  • (en) Frederick Douglass, Life and times of Frederick Douglass : his early life as a slave, his escape from bondage, and his complete history, written by himself. Londres : Collier-Macmillan, 1969
  • (en) Jean McMahon Humez, Harriet Tubman : the life and the life stories, 2003
  • (en) Kate Clifford. Larson, Bound for the promised land : Harriet Tubman, portrait of an American hero, Ballantine, 2004
  • (es) Grupo Antares de Estudios de Género, Norteamericanas con voz propia. Malaga : Sepha, 2010.

Biographies en ligne

  • Biographie d’Harriet Tubman
  • Harriet, The Moses of Her People, Projet Gutenberg

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