Elsa Schiaparelli – Shocking portrait !

Bonjour mes Soleils !

Comme je vous l’avais annoncé dans mon premier article, je vais vous parler de femmes fortes et libres. Je ne sais pas combien de temps j’ai pris pour choisir la dame qui allait ouvrir mon bal : J’avais d’abord pensé à une reine, ensuite une guerrière, ou pourquoi pas une prix Nobel … Il n’y avait pas de bon ni de mauvais choix mais lorsque j’ai pensé à Schiap (surnom pour les intimes), j’ai su que c’était ELLE !

Pourquoi Elsa Schiaparelli ?

Vous ne voyiez pas qui est Elsa Schiaparelli ? Elle fut LA créatrice de mode de l’entre deux guerre. Si je vous parle tout d’abord du rose shocking cela doit déjà vous évoquer quelque chose, non ?! Mais si, il s’agit de ce rose incroyable utilisé notamment pour cette cape Phoebus sublimée par la broderie de la Maison Lesage.

Elsa Schiaparelli - cape Phoebus (1938)

Vous avez remarquez, j’ai qualifié Madame Schiaparelli de créatrice de mode et non de couturière. Pourtant sa maison était bien une maison de Haute Couture. En fait, elle n’avait aucune notion de couture. Elle ne fut d’ailleurs pas épargnée par ses collègues, notamment Mademoiselle Chanel qui qualifié Elsa Schiaparelli de « l’Italienne que fait des robes ». Sympa miss Chanel !

C’est pour cette raison que j’ai choisi de vous parler de cette grande dame. En tant que créatrice autodidacte, je suis atteinte du syndrome de l’imposteur. Maudit syndrome dont on a tant de mal à se débarrasser alors que, soyons clair, un diplôme ne validera jamais le talent et la créativité ! Je le sais, j’en suis consciente mais malgré cela, cette laide petite bête vient régulièrement me gratter désagréable ment.

Dans ces moments-là, j’éprouve des doutes quant à ma valeur et à ma légitimité à créer mes bijoux. C’est stupide ?! Oui je sais ! Pourquoi n’aurais-je pas le droit de créer. Tout le monde a ce droit, de 7 à 77 ans selon l’expression consacrée.

La bestiole n’en reste pas là ! Elle vient également remettre en question mon style et me bloque parfois dans mon processus de créativité. Pourquoi tu fais ça ? Tu te rends compte que ça ne marchera pas ? Allez arrête de jouer, fais au moins comme les grandes marques, tu auras une chance de vendre 2 ou 3 trucs. Fonds toi dans la masse, fais comme les autres …

Et donc, je ne vous raconte même pas quand cette saleté en arrive aux prix. Là, elle ne gratte plus, elle mord ! Et elle mord très fort ! Tu ne vas pas oser demander un prix pareil ?! Mais on s’en fiche que tu aies travaillé 10 heures dessus ! Sois déjà contente que quelqu’un t’achète un truc à 10 euros

Elle est méchante n’est-ce-pas ?! Mais vous savez quoi ? Et bien avec le temps, on arrive à dompter le monstre ! Assurément c’est compliqué mais en améliorant ces techniques, en dépassant une à une ses peurs, on y arrive !

Je ne sais pas si Elsa Schiaparelli en a souffert mais plus d’un grand couturier de son époque savaient lui faire sentir son manque de formation.

Hormis les mauvais coucheurs de son époque, elle fut adulée par d’autres. « Elle a griffé Paris, elle l’a ensorlceléet en retour Paris est tombé follement amoureux d’elle … » Yves Saint-Laurent en parlant d’Elsa Schiaparelli.

Son autodidactisme me fais me sentir proche d’elle. Elsa Schiaparelli est mon modèle car elle est la preuve vivante que le talent n’a besoin d’aucune certification. Il faut le laisser s’exprimer !

Et Schiaparelli bouleversa la mode !

Elsa Schiaparelli marqua de façon indélébile le monde de la mode et inspire encore aujourd’hui des grands couturiers comme Yves Saint-Laurent et Jean-Paul Gaultier, ainsi que de nombreux créateurs.

Assurément, elle n’y alla pas de main morte. En effet, elle bouleversa les codes établis et innova. C’est elle qui eu l’idée de faire des défilés à thème. Ainsi, elle conçu ses défilés comme de véritables spectacles. Il faut souligner qu’Elsa veillait à soigner l’éclairage, la musique, voire la chorégraphie. Sa collection « Cirque » reste et restera dans les annales par son audace et son faste.

Elle crée la jupe culotte. Alors que nous sommes dans les années 30, imaginez-vous l’audace que cela représente ? Et en effet, l’Angleterre en fut scandalisée.

elsa schiaparelli jupe culotte

Scandale, c’est un mot qu’elle aime et qu’elle donnera aussi à un de ses parfum. Un autre mot qui lui colle à la peau et qui la définit si bien « Shocking ». Ce mot elle le prononça en découvrant la silhouette de Mae West pour qui elle devait réaliser à distance une tenue. En fait, cette silhouette sera celle de son parfum « Shocking ». Vous voyez le lien de parenté avec le parfum « Classique » de Jean-Paul Gaultier ?! Elle le donnera aussi à ce rose puissant qui magnifia plusieurs de ses tenues phares.

parfum Shocking par Schiaparelli

Mae West, l’extravagance et la volupté faite femme méritait bien un flacon. Elsa Schiaparelli immortalisa aussi les jambes de Mistinguette … enfin … les jambes … on y voit tout aussi bien ses fesses ! Nul doute que ce parfum fut sensation !

Parfum Zut Schiaparelli

Elle fut également la première à collaborer avec des artistes, notamment Salvador Dali. Ils conçurent des vêtements d’une modernité déconcertante : le chapeau chaussure, la robe squelette, la robe homard, les gants avec des griffes … Elle détourne, elle conceptualise, elle rend la mode drôle !

Elsa Schiaparelli chapeau chaussurerobe homard Elsa Schiaparellirobe squelette Elsa Schiaparelligants avec griffes Elsa Schiaparelli

Toutefois, Schiap ne débuta pas sa carrière avec ce genre pièces spectaculaires. Ce qui la fit connaître et ce qui la lança dans le monde de la mode, ce fut des pull en tricot. Oui, de petits pulls en jacquard trompe l’oeil !

pull trompe l'oeil Elsa Schiaparelli

Ces pulls respiraient déjà le surréalisme. Cette idée de motifs en trompe l’oeil lui trottait dans la tête depuis un moment et un jour, elle vit une concierge tricoter avec un motif jacquard. C’est ainsi qu’elle lui demanda de concrétiser son idée et rapidement des amies de la concierge se mirent à tricoter pour Schiap. Nous sommes en 1927, elle est encore dans son appartement de la rue de l’Université. Ces petits pulls seront qualifiés de « chefs d’oeuvre » par le magazine Vogue ! Oui, rien que cela !

Elle ouvrira ensuite son premier magasin « Pour le Sport » rue de la Paix. De là, quelques années plus tard, elle s’installera au 21 place Vendôme.

J’aime voir un lien fort entre Elsa et les femmes travaillant pour elle. Pendant la guerre 40-45, Elsa quitta la France pour les Etats-Unis mais laissa sa maison de couture ouverte alors qu’il aurait peut-être été préférable de fermer. Ses ouvrières purent donc continuer à travailler et percevoir leur salaire. Qui d’autre qu’elle pouvait comprendre l’importance pour une femme d’être indépendante, elle qui avait été abandonnée par son mari avec sa toute jeune fille malade.

Elsa Schiaparelli concevait la mode comme un art. On le perçoit dès ses débuts. Ainsi s’exprime Dilys E. Blum – Conservateur des costumes et textiles au Philadelphia Museum of Art, à Philadelphie : « Pour Chanel, la couture était un métier, pour Schiaparelli c’était un art. »

Son style est reconnaissable entre tous. En effet, il est très théâtral avec des vêtements extrêmement bien coupés, des lignes verticales qui allongent la silhouette, les épaules très marquées, des broderies opulentes, des accessoires pleins d’humour.

Elsa Schiaparelli sublimait les femmes de caractère, pleine d’assurance. En effet, ses créations n’étaient pas toujours faciles à porter, et pour l’époque où la place de la femme était le foyer, pas très « convenable ». Mais choquer n’était un problème pour Schiap ! Certainement, elle préférait cela à se fondre dans la masse.

C’est un autre trait de caractère par lequel je me sens reliée à Madame Schiaparelli. Créer pour des femmes solaires, fières d’elles, décidant de leur vie et ne se laissant certainement pas dicter leur façon de s’habiller par qui que ce soit, Christina ou non ! C’est de cela dont je suis fière !

Je veux considérer la mode comme un art mais avec lequel on s’amuse et on se révèle. La mode doit être un outil permettant de nous mettre en valeur, de nous aimer. En aucun cas, la mode ne doit être un instrument qui sert à nous faire entrer dans un moule. Chaque être humain est unique par son physique, sa façon de penser, d’agir … Alors à quoi bon se cacher, tenter d’être couleur muraille !

Mesdames, nous sommes belles, nous sommes intelligentes, nous sommes fortes, nous sommes drôles, nous sommes talentueuses, nous sommes libres. Riez Mesdames ! Vibrez Mesdames !Vivez Mesdames ! Soyez vous et vous serez le plus bel astre qui soit !

Je vous embrasse !

Lectures

Si vous voulez en savoir plus sur cette grande dame :

Autobiographie : Elsa Schiaparelli, Shocking Life, Londres, V & A Publications, 2007

Article Internet : https://www.moda-historia.fr/article5/ElsaSchiaparelliscandaleuse

Biographies

  • Emma Baxter-Wright (trad. de l’anglais par Philippe Rollet), Le Petit Livre de Schiaparelli, Paris, juin 2012, 160 p.
  • François Baudot, Elsa Schiaparelli, Éditeur Assouline, 1998,
  • Dilys Blum, Shocking, Yale University Press, 2003,
  • Dilys E. Blum, Elsa Schiaparelli, Paris, Union centrale des arts décoratifs, 2004
  • Yann Kerlau, Les Secrets de la mode, Paris Editions Perrin, février 2013, 438 p. « L’invention de la publicité : Elsa Schiaparalli »
  • Meryle Secrest, Elsa Schiaparelli, 2014

Solal Bijoux Haute Fantaisie

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